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Le 13/07/2009 Constat sur la formation

 Un constat, une analyse 
sans concession de formateurs professionnels, sur le marché de la formation et des pratiques globales de cette activité.

 

« La demande de formation émane principalement des organisations de toutes tailles : administrations, entreprises, organismes etc... mais aussi des individus, qu’ils soient salariés, cadres, dirigeants, artisans, professions libérales, demandeurs d’emplois.  

 

L’individu est en attente de formation, pour faire face à un contexte social & professionnel complexe, instable, sans véritable antériorité ni repères. 

 

L’instauration du Droit Individuel à la Formation a constitué en ce domaine et en son temps une réponse et une évolution souhaitée par tous. 

 

Paradoxalement à cette évolution l’offre de formation n’a pas su prendre en compte les conséquences engendrées par l’accélération des processus de changement et leurs impacts sur les individus… 

 

Elle (l’offre de formation) continue de proposer curieusement ses savoirs « d’avant crise » de façon globale et aseptisée, lors de stages, de plus en plus courts 1 à 2 jours, à des stagiaires plongés brutalement dans l’apprentissage, sans réelle préparation, ni même de réelles motivations…

 

Il est vrai que jeux de rôles et activités ludiques sont l’apanage de nombreux stages ! Le virtuel prenant le pas sur la réalité si sombre et si morose… 

 

D’autres stages consistent en  journées intensives d’acquisition de savoir nécessitant une attention soutenue qui ont pour effet de provoquer des décrochages voire des somnolences dans une population peu accoutumée à de ce genre d’exercices !

 

Les stagiaires deviennent alors spectateurs…Les acquis sont parcellaires et éphémères…

 

Reste en mémoire : le lieu, la qualité hôtelière et de la restauration, la prestation « sympa » du formateur ou de la formatrice, l’ambiance ludique décontractée. « C’était fun… surtout sans nos patrons ! »

 

Idéal pour dresser un état des prestations hôtelières…

 

Beaucoup moins lorsqu’il s’agit de faire le bilan.

 

Le feedback de nombreux clients et donneurs d'ordres est édifiant :

« Le soufflé retombe bien trop vite après le stage, hors la présence du formateur, il y a bien une approche, une découverte de connaissance mais très peu voire aucun acquis ne sont mis en pratique… La formation est de plus « chronophage » et perturbante au niveau de l’organisation et des plannings. 

« La formation de ce fait est bien trop onéreuse compte tenu du retour sur investissement et en période de crise un des premiers budgets à être amputé voire supprimé est le notre » déclarent les responsables de formation.

 

 

 Et pourtant aujourd’hui plus que jamais la formation est le recours !

 

L’individu et les organisations ont des nouvelles attentes face à un contexte professionnel & social de crise; partout il y a dérégulation, perte de repères et accélération du changement.

 

De nombreux dirigeants et collaborateurs confessent   « nous sommes constamment dans l’urgence, contraints à réagir plus qu‘en mesure de pouvoir véritablement agir …»

 

Pour combattre les effets néfastes décrits ci-dessus, il est souhaitable, d’inscrire les participants dans un réel processus de formation prenant en compte les contingences terrains et contextuels.

 

La formation devient alors une démarche d’appropriation de projet tant personnelle que professionnelle.

 

La motivation doit être soutenue tout au long du processus, il doit exister une réelle progression pédagogique. Les acquisitions doivent être mises en pratique sur le terrain et corrigées au fur et à mesure afin de s’ancrer dans la durée.

 

L’environnement du participant   doit être sécurisé et considéré comme un lieu   «Travail & Ressource »   qui génère un réel retour sur investissement.
Le stagiaire doit être conforté par l’implication de son supérieur hiérarchique ou de son donneur d’ordre.

 

Selon les professionnels, les priorités sont : apprendre à apprendre, travailler sur les comportements préalablement à l’acquisition de connaissances ou de compétences.

 

Un professionnel a eu ces mots pour illustrer ce propos : L’entreprise recrute toujours un collaborateur pour ses compétences, elle s’en sépare la plupart du temps (que se soit à l’initiative du dirigeant ou du collaborateur) à cause des comportements…  

Alors devinez où se trouve la priorité de la formation ?

 

A la question : « À votre avis quelle habileté doit être développée en priorité dans l’entreprise ? »

 

La réponse N°1 a été l’adaptabilité au changement et à la situation.

 

Tout statut hiérarchique confondu, la capacité à communiquer, à établir des relations entre les personnes, à fédérer autour de soi ou d’une vision  sont autant d’atouts, voire les clefs de la réussite en période de crise.

La formation quel que soit le domaine managérial, commercial etc. doit se penser en terme d’intelligence situationnelle, science contextuelle et opportuniste ; Vouloir dupliquer des schémas stratégiques clefs en main au prétexte qu’ils ont été efficace… hier !

 

S’avère, aujourd’hui, sans effets et dangereux.


                         Ph. Prunier

 

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